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30 octobre 2026
•11 min de lecture

Tranche d'effectif salarié INSEE : comprendre les codes et cibler les entreprises par taille

Publié le·mis à jour le
En résumé

La tranche d'effectif salarié de l'INSEE range chaque entreprise ou établissement dans une fourchette identifiée par un code (00, 01, 02, 03, 11, 12, 21, 22, 31, 32, 41, 42, 51, 52, 53, ou NN pour une unité non employeuse). Ce n'est pas un effectif exact : il est relevé à une date de référence, peut dater, diffère entre unité légale et établissement, et peut être absent. Bien lu, il permet de segmenter des prospects B2B par taille.

Tranche d'effectif salarié INSEE : comprendre les codes et cibler les entreprises par taille

Les codes de tranche d'effectif salarié INSEE : la table de correspondance

La tranche d'effectif salarié INSEE est une variable de classement : au lieu de donner le nombre exact de salariés d'une entreprise ou d'un établissement, l'institut le range dans une fourchette identifiée par un code à deux caractères. Ce choix simplifie les statistiques et limite la diffusion d'informations individuelles, mais il oblige l'utilisateur à passer par une table de correspondance. Sans elle, un code comme 12 ou 32 ne veut strictement rien dire.

La table des codes, de NN à 53

Voici la correspondance publiée par l'INSEE, de la plus petite à la plus grande taille :

  • NN : unité non employeuse (pas de salarié sur la période de référence)
  • 00 : 0 salarié (unité employeuse sans salarié à la date de référence)
  • 01 : 1 ou 2 salariés
  • 02 : 3 à 5 salariés
  • 03 : 6 à 9 salariés
  • 11 : 10 à 19 salariés
  • 12 : 20 à 49 salariés
  • 21 : 50 à 99 salariés
  • 22 : 100 à 199 salariés
  • 31 : 200 à 249 salariés
  • 32 : 250 à 499 salariés
  • 41 : 500 à 999 salariés
  • 42 : 1 000 à 1 999 salariés
  • 51 : 2 000 à 4 999 salariés
  • 52 : 5 000 à 9 999 salariés
  • 53 : 10 000 salariés et plus

Remarquez que les codes ne sont pas consécutifs : on passe de 03 à 11, de 12 à 21, de 22 à 31. Ce n'est pas une erreur. Ces codes de tranche d'effectif sont des identifiants hérités de nomenclatures successives, pas des numéros d'ordre. Une conséquence pratique : dans un tableur, un code comme 01 ou 02 peut perdre son zéro initial si la colonne est interprétée comme un nombre, et devenir 1 ou 2. Vos filtres deviennent alors faux sans que rien ne vous alerte. Traitez toujours cette colonne comme du texte, et gardez NN comme une valeur à part entière.

Lire les fourchettes : des bornes de largeur très inégale

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Les fourchettes sont étroites pour les petites structures (1 à 2, 3 à 5, 6 à 9 salariés) et deviennent très larges pour les grandes (de 5 000 à 9 999, puis 10 000 et plus). Cela a un effet direct sur la précision de votre ciblage. Dans la tranche 12, une société de 20 salariés et une société de 49 salariés ne vivent pas la même réalité : organisation, budget, nombre d'interlocuteurs et processus de décision peuvent différer sensiblement.

Autrement dit, la tranche est un indicateur de ordre de grandeur, pas une mesure fine. Plus la fourchette est large, plus vous devez la compléter par d'autres critères pour affiner la cible : secteur d'activité, ancienneté, localisation, présence de plusieurs sites. C'est particulièrement vrai dès que l'on dépasse les tranches intermédiaires, où l'écart entre bas et haut de fourchette est considérable.

Du code à une taille commerciale

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Pour un usage commercial, on regroupe volontiers les codes en grandes familles. Les codes NN, 00, 01, 02 et 03 correspondent aux structures de moins de 10 salariés. Les codes 11 et 12 couvrent les entreprises de 10 à 49 salariés. Les codes 21, 22 et 31 vont de 50 à 249 salariés, ce qui correspond à l'essentiel des moyennes entreprises. À partir du code 32, on entre dans la zone des 250 salariés et plus, celle des grandes structures.

Attention toutefois : ce regroupement est un outil de travail, pas une catégorie statistique officielle. La classification officielle des entreprises en micro-entreprises, PME, entreprises de taille intermédiaire et grandes entreprises ne repose pas sur le seul effectif et tient compte d'autres éléments économiques. Utilisez donc vos regroupements comme des segments de prospection par taille, définis selon votre offre, et non comme des définitions réglementaires. C'est cette logique qui rend la donnée utile sans lui faire dire plus qu'elle ne dit.

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Ce que la tranche d'effectif ne dit pas : date de référence, unité légale et établissement

Une fois la table de correspondance en main, la tentation est de considérer la tranche comme une vérité sur la taille actuelle de l'entreprise. C'est le piège le plus courant. La tranche est une donnée administrative, produite à un moment précis et pour un périmètre précis. Ignorer l'un ou l'autre, c'est risquer de segmenter ses prospects sur des bases fausses.

Une photographie à une date donnée

La tranche d'effectif est rattachée à une année de référence : elle décrit les salariés présents à une date de fin d'année, pas le nombre de salariés au jour où vous consultez la fiche. Elle est issue des déclarations sociales des employeurs, puis consolidée et diffusée avec un décalage. Résultat : l'effectif à la date de déclaration peut dater de plusieurs mois, voire d'une ou deux années pour certaines fiches.

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Pour une entreprise stable, cet écart est sans conséquence. Pour une société en forte croissance, qui a doublé ses équipes depuis, ou au contraire pour une structure qui a licencié ou fermé des sites, la tranche affichée peut être très en retard sur la réalité. Une jeune entreprise qui recrute vite peut apparaître comme une très petite structure alors qu'elle a déjà changé de dimension. Si votre offre cible justement les sociétés en croissance, la tranche seule est donc un signal imparfait.

Un réflexe utile : regarder l'année de validité associée à la tranche quand elle est fournie. Une tranche récente a plus de poids qu'une tranche ancienne, et vous pouvez décider de traiter les fiches anciennes comme moins fiables dans votre segmentation.

Unité légale ou établissement : deux réalités différentes

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Le deuxième piège tient au périmètre. L'INSEE publie une tranche pour l'unité légale, c'est-à-dire la société identifiée par son numéro SIREN, et une tranche pour chaque établissement, identifié par son numéro SIRET. Ce ne sont pas les mêmes valeurs. La tranche de l'unité légale concerne l'ensemble des salariés de la société, tous sites confondus. La tranche d'un établissement ne concerne que les salariés de ce site.

Prenons un exemple. Une société de distribution avec plusieurs agences peut avoir une tranche d'unité légale élevée, tandis que chacune de ses agences affiche une petite tranche. Inversement, le siège administratif d'une grande société peut compter peu de salariés alors que l'essentiel des effectifs travaille sur d'autres sites. Si vous filtrez sur la tranche du siège en pensant mesurer la taille du groupe, vous pouvez écarter de très bons prospects ou retenir de mauvais profils.

La question à se poser est donc : qui prend la décision d'achat, et à quel niveau ? Pour une offre vendue au niveau de la société, par exemple un logiciel de gestion, la tranche de l'unité légale est le bon repère. Pour une offre qui s'adresse à un site local, comme un service de proximité ou de maintenance, la tranche de l'établissement est plus pertinente.

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Ce que la tranche ne mesure pas

La tranche compte des salariés. Elle ne reflète pas les dirigeants non salariés, les indépendants qui travaillent pour l'entreprise, ni les prestataires. Elle ne dit rien du chiffre d'affaires, de la rentabilité, ni du budget réellement disponible. Deux entreprises du même code peuvent avoir des capacités d'investissement très éloignées.

Enfin, la tranche d'une société ne dit rien du groupe auquel elle appartient. Une filiale de petite taille peut dépendre d'un groupe puissant, avec des décisions d'achat prises au niveau supérieur. Pour une segmentation par taille d'entreprise fiable, retenez que la tranche est un point de départ à compléter, jamais une conclusion.

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À lire aussi : Trouver le dirigeant d'une entreprise et le contacter.

Valeurs manquantes, NN et 00 : les cas particuliers qui faussent le ciblage

Dans un fichier d'entreprises, une partie des lignes n'affiche pas une tranche « normale ». On y trouve des codes NN, des codes 00 et des cases vides. Ces trois situations sont souvent confondues, alors qu'elles n'ont pas le même sens. Les confondre revient à classer dans le même panier des prospects très différents, et c'est une source classique d'erreurs de ciblage.

NN et 00 : deux zéros qui ne signifient pas la même chose

Le code NN désigne une unité non employeuse : elle n'a pas de salarié au sens de la déclaration sociale. On y retrouve des entrepreneurs individuels qui travaillent seuls, des structures patrimoniales ou des sociétés sans activité salariée. Ce sont des entités existantes, parfois très actives commercialement, mais sans équipe salariée.

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Le code 00, lui, signifie zéro salarié à la date de référence pour une unité qui a bien employé du personnel au cours de la période. Autrement dit, c'est une entreprise employeuse qui n'avait plus de salarié à la date de relevé. Il peut s'agir d'une structure saisonnière, d'une société en sommeil, ou d'une entreprise qui a perdu ses salariés avant la date de référence.

Pour la prospection, ces deux codes se traitent comme des cas distincts. Si votre offre s'adresse à des équipes, les deux sont généralement hors cible. Si elle s'adresse à des dirigeants seuls, comme des services pour indépendants ou des outils de gestion allégés, NN et 00 peuvent au contraire constituer un excellent segment. Le piège serait de les écarter par défaut, ou de les compter parmi les entreprises « de 1 à 2 salariés ».

Les cases vides : une information inconnue, pas une information nulle

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Reste le cas des tranches non renseignées. Une case vide ne veut pas dire zéro salarié : elle veut dire que l'information n'est pas disponible. Les raisons peuvent être multiples : une entreprise créée récemment dont les premières déclarations ne sont pas encore consolidées, une absence de déclaration, une donnée pas encore mise à jour, ou un statut particulier de la structure.

L'erreur classique consiste à supprimer toutes les lignes sans tranche pour « nettoyer » la base. Vous perdez alors, sans le savoir, une partie de vos prospects potentiels, et notamment les créations récentes, souvent très réceptives à une prise de contact. Il est préférable de créer un segment explicite, par exemple « taille inconnue », que vous traitez à part.

Que faire de ces cas en prospection

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Une bonne pratique consiste à distinguer quatre groupes dans votre base : les tranches renseignées et cohérentes avec votre cible, les tranches voisines de votre cible, les unités NN et 00, et les valeurs manquantes. Les deux premiers groupes alimentent vos campagnes principales. Le troisième est écarté ou traité par une offre dédiée. Le dernier se qualifie par d'autres moyens avant toute décision.

Pour qualifier une taille inconnue, vous pouvez croiser avec d'autres indices : secteur d'activité, forme juridique, nombre d'établissements, présence sur un site web, ou simple échange téléphonique lors d'un premier contact. Dans un CRM, un champ dédié à la taille déclarée par le prospect lui-même permet de corriger progressivement votre base et de faire gagner en précision vos futurs ciblages. Traiter proprement les valeurs manquantes est souvent ce qui distingue une segmentation robuste d'une segmentation approximative.

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Segmenter ses prospects B2B par taille : une méthode simple et fiable

Connaître les codes et leurs limites ne suffit pas : il faut les transformer en une méthode de travail reproductible. Voici une démarche en plusieurs étapes, applicable aussi bien sur un tableur que dans un outil de prospection, pour cibler les entreprises par taille sans se tromper.

Étape 1 : définir la taille utile pour votre offre

Commencez par la question commerciale, pas par la donnée. À partir de quelle taille votre offre a-t-elle un sens ? Y a-t-il une taille au-delà de laquelle le cycle de vente devient trop long pour vous ? Vos meilleurs clients actuels sont-ils plutôt de petites équipes ou des structures organisées avec plusieurs services ? Regardez votre portefeuille existant et notez la tranche de chacun de vos meilleurs clients : c'est la meilleure source pour fixer votre cible initiale.

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Traduisez ensuite cette cible en codes. Par exemple, une offre destinée aux sociétés ayant une équipe commerciale structurée visera plutôt les codes 12, 21 et 22. Une offre de proximité pour de très petites structures s'intéressera aux codes 01, 02 et 03, voire aux NN et 00 selon le cas.

Étape 2 : choisir le bon niveau, société ou site

Décidez si vous raisonnez au niveau de l'unité légale ou de l'établissement. Comme nous l'avons vu, les deux tranches peuvent diverger fortement. Notez ce choix dans votre méthode, afin que toute l'équipe filtre de la même manière. Pour une offre pilotée par la direction de la société, privilégiez l'unité légale. Pour une offre locale, privilégiez l'établissement.

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Étape 3 : élargir volontairement, puis croiser

Compte tenu de la largeur des fourchettes et de l'ancienneté possible de la donnée, il est prudent d'inclure la tranche immédiatement voisine de votre cible, ainsi que les valeurs manquantes, dans un segment secondaire. Vous testez ainsi sans exclure par erreur de bons prospects. Croisez ensuite la taille avec d'autres critères : secteur d'activité, zone géographique, ancienneté de l'entreprise, ou encore la possibilité réelle de joindre le prospect.

Ce dernier point est important. Selon le dernier calcul de nos statistiques (recalcul du 2026-10-25), la base Lumo Data compte 1 048 729 entreprises avec un email et 1 725 345 entreprises avec un téléphone. Une cible parfaite sur le papier mais impossible à joindre ne vous sert à rien : la contactabilité fait donc partie de la segmentation, au même titre que la taille.

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Étape 4 : activer par le bon canal et mesurer

La taille influence aussi la manière d'approcher un prospect. Les très petites structures répondent souvent bien au téléphone ou au SMS, car le dirigeant est directement joignable. Les structures intermédiaires se prêtent bien à des séquences combinant email et appel. Pour les grandes organisations, une approche plus ciblée, par exemple un courrier postal suivi d'un cold call, peut mieux fonctionner. Une plateforme qui réunit base de données française, email, SMS, WhatsApp, courrier postal, cold call, CRM intégré et landing pages permet de tester ces combinaisons sans multiplier les outils.

Enfin, mesurez. Dans votre CRM, rattachez chaque prospect à sa tranche d'origine et comparez les taux de réponse, de rendez-vous et de conversion par tranche. Au bout de quelques campagnes, vous saurez quelles tranches convertissent réellement, et vous pourrez resserrer votre cible. C'est cette boucle de mesure, bien plus que le seul code INSEE, qui vous permet de passer d'une segmentation par tranche d'effectif théorique à une prospection efficace.

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Questions Fréquentes

Le code 12 correspond à une fourchette de 20 à 49 salariés. Il s'agit d'un identifiant de tranche, pas d'un effectif exact : une entreprise classée 12 peut compter 20 salariés comme 49. Les codes voisins sont 11 (10 à 19 salariés) et 21 (50 à 99 salariés). Pour affiner votre ciblage, croisez cette information avec le secteur d'activité et la localisation.